Nutrition équine

L'alimentation est le premier pilier de la santé du cheval. Une ration adaptée prévient coliques, fourbure, ulcères et troubles comportementaux. Une ration inadaptée les provoque. Voici les principes du rationnement équin, les erreurs à éviter et les repères pratiques pour propriétaires et cavaliers.

Les besoins nutritionnels du cheval

Le cheval est un herbivore monogastrique conçu pour brouter en continu. Son estomac est petit (8-15 litres) et son intestin est conçu pour digérer des fibres. Cette physiologie dicte les règles d'alimentation :

  • Fourrage en priorité : foin, herbe, paille. Le fourrage doit représenter 70 à 100 % de la ration selon le niveau d'activité.
  • Concentrés avec parcimonie : grain, aliments complets. Réservés aux chevaux qui travaillent intensément ou qui ont des besoins accrus (croissance, gestation).
  • Eau en permanence : 20-40 litres par jour, plus en été ou en effort. Un cheval qui boit trop peu risque une impaction colique.
  • Minéraux et sel : un bloc de sel à disposition permanente. La carence en sel provoque une baisse d'appétit et des troubles musculaires.

Les grandes catégories d'aliments

CatégorieExemplesRôle
FourragesFoin, herbe, enrubannéBase de la ration, fibres, occupation
ConcentrésAvoine, orge, maïs, aliments completsApport énergétique pour le travail
GraissesHuile de soja, huile de linÉnergie concentrée, pelage, articulations
ComplémentsVitamines, minéraux, électrolytesCorrection de carences spécifiques

Les 5 erreurs alimentaires les plus dangereuses

  1. Le jeûne prolongé. Le cheval sécrète de l'acide gastrique en continu. Sans nourriture pour tamponner l'acidité, il développe des ulcères gastriques. Un cheval doit avoir accès au foin en permanence, ou au minimum toutes les 4 heures.
  2. L'excès de grain. Le grain non digéré arrive dans le cæcum où il fermente, provoquant gaz, coliques et fourbure. Un repas de concentrés ne doit pas dépasser 2 kg pour un cheval de 500 kg.
  3. Le changement brusque. La flore bactérienne intestinale s'adapte à une ration en 7-10 jours. Un changement brusque (nouveau foin, nouveau grain) déséquilibre la flore et provoque des coliques. Changez toujours progressivement.
  4. L'eau trop froide en hiver. Un cheval qui boit de l'eau glacée réduit sa consommation de 30-40 %. Le risque d'impaction colique augmente. Chauffez l'eau à 5-10 °C minimum en hiver.
  5. Le surpoids "affectueux". Un cheval trop gras n'est pas un cheval bien traité. Le surpoids provoque fourbure, syndrome métabolique,lhominite. Un cheval à l'engrais est un cheval en danger.

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Questions fréquentes

Un cheval de 500 kg consomme entre 7 et 12 kg de matière sèche par jour, dont au moins 70 % sous forme de fourrage (foin ou herbe). Soit environ 8-10 kg de foin par jour répartis en plusieurs distributions. Le foin doit être disponible en permanence pour éviter les ulcères gastriques et les troubles comportementaux liés au jeûne prolongé.

Le grain (avoine, orge, maïs) n'est nécessaire que si le cheval a des besoins énergétiques élevés (cheval de sport intense, croissance, gestation). Un cheval au pré avec du bon foin n'a généralement pas besoin de concentrés. L'excès de grain provoque coliques, fourbure et agitation. Préférez des aliments complets équilibrés au grain brut.

Les compléments ne doivent compléter que des careces avérées. Les plus courants : sel/minéraux (toujours), vitamine E (cheval sans accès à l'herbe fraîche), sulfate de chondroïtine/glucosamine (cheval de sport âgé), électrolytes (en été ou effort intense). Évitez les cocktails de compléments "pour tout" : ils sont souvent inutiles et coûteux.

Pour réduire le risque de coliques : donnez du foin en permanence (le tube digestif du cheval est fait pour fonctionner en continu), changez d'aliment progressivement (sur 7-10 jours), assurez un accès permanent à l'eau propre, distribuez les concentrés en plusieurs petits repas (max 2 kg par repas), évitez le grain pour un cheval au pré sans travail.

En hiver, le cheval dépense plus d'énergie pour se maintenir au chaud. Augmentez la ration de foin de 10 à 20 % (la digestion du foin produit de la chaleur). Pour un cheval qui travaille, augmentez les concentrés si nécessaire. Assurez un accès à l'eau non glacée (minimum 5-10 °C) : un cheval qui boit trop peu risque une impaction colique.

Utilisez la grille de notation d'état corporel (NEC) de 0 à 5. Un cheval à 3 est idéal. À 4-5, il est en surpoids (risque de fourbure, syndrome métabolique). À 0-2, il est trop maigre (carences, parasitisme, problème dentaire). Évaluez les graisses sur les reins, la base de la queue, l'encolure et les côtes. Les côtes doivent être senties mais pas visibles.